Petit moment calme, calme avant la tempête j'ai envie de dire, avant que le mal de crâne ne revienne histoire de me punir de toutes ces heures à fixer l'écran... J'tente d'apaiser tout ça avec Liberta, mais j'imagine que dans dix minutes je vais aller me ré-étaler sur le canapé avec Hésitation pour seule compagne (d'ailleurs merci Léa pour m'avoir prêtée succèsivement les trois tomes, ça m'a permis de me détourner un peu de l'ordi). Enfin, ce n'est pas si grave que ça, juste les conséquences de mon péché, mignon ou pas, un peu d'aspirine si j'ai toutefois le bon sens d'en avaler et ça se dissipera comme une explosion dissipe le brouillard... A moins que la rentrée y soit pour quelque chose ? Mouais j'y crois pas trop, je crie sur tous les toits que j'ai hâte de remettre les pieds au lycée, ne serait-ce que pour les premiers jours, pour les retrouvailles et tout le tralala... et je dois l'avouer, pourquoi le nier hein, j'ai gaspillé mon été en... en quoi, au juste ? Même pas besoin de détailler, la réponse je la connais, j'ai mauvaise conscience chaque fois que j'allume l'ordi, alors qu'il fait plein soleil dehors. Qu'est-ce que j'ai fait cet été ? Les fêtes d'Ondres, un soir. Une colo, dix jours. Un petit boulot, cinq samedis. Qu'est-ce que c'est, un soir, dix jours et cinq samedis sur trois mois de vacances ? Je m'étais dit que je ne parlerai pas de mon été, peut-être parce qu'il n'y avait pas assez à dire pour en faire un article, mais surtout parce que quand je vois comment le reste du monde s'éclate, je me dis, non, je ne vais pas leur saper le moral, me saper le moral, je ne vais pas dire (ou écrire) les choses pour les rendre définitives, sinon c'est tendre la perche aux regrets, ça revient à se torturer soi-même et c'est douloureux. Dire les choses fait qu'on les ressent différemment, ce que je prenais avec désinvolture prent tout à coup des proportions surdimensionnées... On ne vit qu'une fois. On ne commence pas à se rendre compte à 16-17 ans qu'on a oublié d'appuyer sur le bouton Démarrer, à cet âge-là on s'assure plutôt qu'on a bien les freins à portée de main. Oui, oui, on est jeune, on a encore toute la vie devant nous, mais voilà j'ai le sentiment d'avoir pris dix ans. J'ai l'impression d'avoir regarder les autres vivre. D'être passée à côté de quelque chose. Je ne peux pas m'empêcher de me demander si je les vivrai aussi, ces choses, si j'aurai cette chance, ou plutôt si j'aurai assez de cran pour espérer sans avoir peur d'être déçue, si je perdrai un jour cette manie d'anticiper, de me gâcher l'existence sans l'aide de personne, comme une grande. Et il y a trop de joie autour de moi, bizarrement quand le monde souffre j'ai des envies nerveuses de rire, et quand il est heureux je ne vais pas bien, je sombre et j'attends qu'on vienne me repêcher... Me dégager de cette espèce de déprime sans l'aide de personne, c'est impossible, mais pour ce qui est de s'y enfoncer, ça je sais faire. Je n'accuse personne pour non assistance à personne en danger, rien de tel puisque c'est entièrement ma faute, ma volonté, j'ai littéralement choisi d'être ainsi, mais je n'ai pas choisi d'être celle que j'aurai voulu être, et pourtant je m'applique scrupuleusement à être celle que je ne suis pas, que, si j'avais été quelqu'un d'autre, j'aurai probablement ignorée ou rejettée.
La vie, la mienne, est dure en ce moment. Je l'accepte, mais ce que je n'accepte pas, c'est moi.
L'être humain est décidément très bizarre.
EDIT : Merci pour vos commentaires qui m'ont fait l'effet d'une gifle (mais d'une bonne gifle !), ça m'a reboostée. Je me sens complètement idiote de... mettre mise dans tous mes états pour ça. Voilà, j'évoquerai plus le sujet, même si je pense qu'il était nécessaire que j'en parle à qqn (en l'occurence Léa). D'ailleurs je vous remercie, Charline, toujours présente, je sais que je peux compter sur toi, Cloé, dont je ne pensais pas que tu me comprendrais si facilement, et Léa qui m'a permis d'aborder le sujet, ce qui m'a complètement désséchée (lol) mais finalement Léa je te verrai bien en psy tu sais x).